
Arbeitslosenselbsthilfe O l d e n b u r g
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European Marches against Unemployment - News and Archives
Grenoble - France / reunion de marcheurs
Marche Européenne: Grenoble, terrain de luttes
internationales
"Motivés, motivés, Il faut rester motivés. Motivés, motivés, il faut se motiver"(1). C'est dans cette esprit que se déroulait du 18 au 24 octobre dernier, la rencontre-retrouvaille d'une trentaine de militants du réseau européen contre le chômage, la précarité et l'exclusion à Grenoble. L'invitation émanait de la Marche des Alpes et d'AC! (Agir ensemble contre le chômage). Cette réunion de militants post manifestation d'Amsterdam le 14 juin dernier avait pour objectifs, en dehors de la convivialité, de maintenir les liens du réseau international mis en place par les marches du printemps dernier à travers l'Europe et d'appuyer les revendications locales des Grenoblois relatives aux droits au chômage et RMI, au logement, à la santé, etc. Un militant le résumait bien : "Se revoir autour d'une action suite à la Marche Européenne et dans le même esprit, et si possible, mieux expliquée, plus formatrice, mais toujours très concrète et mobilisatrice " (2). Les Grenoblois organisateurs de la semaine avaient prévu en dehors des lieux d'action où revendiquer des avancées sociales, des rencontres avec de multiples associations locales en lutte sur les mêmes terrains. Contexte social Le département de l'Isère compte 60.000 ménages qui vivent sous le seuil de pauvreté et la ville de Grenoble compte à elle seule 66.000 ménages (3). Pour rappel, le droit au RMI (équivalent du minimex), environ 2.400 FF ou 14.400 BEF n'est octroyé qu'à partir de 25 ans, après une période de trois mois sans revenus - juste le temps de perdre son logement - et est conditionné par un contrat d'insertion. Le droit au RMI est revu tous les 3 mois et peut être supprimé. Les allocations de chômage sont octroyées sur base du travail et sont dégressives, donc limitées dans le temps, d'abord allocation unique dégressive puis arrivant en fin de droit, l' allocation de solidarité, 2.200 FF ou 13.200 BEF. Motivés! Prenez des chômeurs, précaires, sans logis, retraités, jeunes, syndicalistes, salariés, des hommes et des femmes militants venus d'autres régions de l'Hexagone, de Belgique, d'Italie, de Suisse. Agitez de quelques slogans bien sentis: " Cho-cho-cho-chômage ras le bol! Qui sème la misère, récolte la colère! ". " C'est pas les immigrés qu'il faut virer, c'est le chômage et la précarité ". " Partage du temps de travail, partage des richesses ou alors ça va péter! " Et vous obtenez ainsi une bande organisée prête à l'action, pacifiquement et dans la dignité. ANPE, le couac Avant même que démarre la semaine d'action dans les lieux habituellement fréquentés par les sans emploi et précaires, le 17 octobre, baptisée par l'ONU journée mondiale de lutte contre la pauvreté, Martine, chômeuse et Mathilde, travailleuse contrainte au temps partiel, interpellent le groupe à propos d'une offre d'emploi de l'ANPE (équivalent du FOREM/ORBEM/VDAB) : " Cherche hôtesse bar de nuit. De 15 h à 1h du matin pour inciter la clientèle à consommer des boissons ". Incroyable, l'ANPE incite les chômeuses à se prostituer. Nous sommes toutes et tous scandalisés. Une délégation de quatre jeunes femmes, Salima, Christel (camerawoman), Martine et moi-même, dûment escortées de quelques hommes - on ne sait jamais - se rendent au bar en question afin d'y vérifier qu'il n'y a pas de doutes possibles sur un telle. Nous prétextons un reportage sur une chômeuse en recherche d'emploi - Christel caméra sur l'épaule filme - pour être accueillies par l'entraîneuse. Elle accepte de nous recevoir, mais ne nous autorise pas à filmer. A l'intérieur aucun doute n'est possible, deux néons mauves au dessus du bar diffusent un éclairage favorisant les attouchements qu'on imagine. Salima, la chômeuse de service, élue du PC local, demande si elle convient, on lui dit que oui, mais qu'elle doit porter d'autres vêtements, les pantalons sont prohibés dans ce lieu. Une " collègue " de la tenancière est effectivement en tenue de travail: bras nu, décolleté plongeant, et en minijupe. Elle-même est d'ailleurs vêtue de dentelle noire... Les rapports avec l'ANPE se passent très bien, ce n'est pas la première fois qu'elle y a recours : " L'avantage c'est que les gens se présentent ". le sans emploi a plutôt tendance à se fier aux annonces de l'ANPE à laquelle on accorde, visiblement à tord, un certain gage de sérieux. On trouve aussi à l'ANPE les annonces des intérims et des offres pour une demie heure de travail! Interpellée lors de notre visite de courtoisie à l'agence, la directrice affirme ne pas avoir le droit en tant que service public de refuser une offre d'emploi. " Nous l'avons rendue le plus explicite possible pour qu'il n'y ait pas de doute sur le travail demandé ". Résultat, des hommes et des femmes se sont bel et bien présentés sur place. L'ANPE peut faire radier un chômeur en le dénonçant comme ne cherchant pas d'emploi.
Assedic, la claque
Première action coup de poing des marcheurs : occupation de nuit d'une ASSEDIC (bureau de chômage). Cette action de lancement des manifestations de la semaine donnait le ton : ferme, revendicatif, pacifique, digne, prônant le dialogue. L'absence de bavure dans cette première action d'éclat (surveillée par les R.G. (renseignements généraux) permit d'entamer le dialogue sur le long terme avec les interlocuteurs des organismes incriminés. Fin d'après-midi, nous débarquons dans l'ASSEDIC du centre ville. Nous clamons les raisons de notre présence, distribution générale de tracts revendicatifs, tout en laissant le personnel et les usagers vaquer à leurs occupations. Les files se réduisent pendant qu'une délégation discute avec la direction. Tout à fait prêt à nous écouter, elle est néanmoins surprise de notre demande de nous installer pour la nuit dans le hall d'attente de l'agence. Face à notre pacifique détermination, la direction cède et nous nous installons, nous mangeons, buvons, et dormons sur place, réveil à 6 h pour que tout soit impeccable à 7 h avant l'ouverture des guichets. Excellente opération de relation publique, cette action rondement menée, sans bavures, facilitera les relations avec nos différents interlocuteurs au cours des pérégrinations de la semaine. Les marcheurs se sont ainsi rendus sur le campus pour rencontrer des associations d'étudiants. Devant la Caisse d'Allocation Familiale(CAF), une action menée en collaboration avec des féministes, les militantes proposaient aux usagers, dont les RMistes, de dialoguer autour d'un thé chaud et de biscuits. Les inspecteurs de la CAF, à l'instar de ceux de l'ONEM, pénètrent chez les sans emploi pour contrôler la cohabitation. Les syndicats hospitaliers du CHU ont entendu les marcheurs revendiquer le droit à la santé pour tous. Un marcheur sdf est mort à la suite du refus de soin d'un hôpital, dans un autre ville de France. La polémique est née quand fut amenée la question de la représentation des chômeurs. Les syndicalistes affirmaient que le syndicat défend les sans emploi. Outre Quiévrin comme ici, le débat est enflammé sur le sujet. Dans un autre registre mais tout aussi polémique, la rencontre avec les directeurs de théâtre de Grenoble et environs avait pour thème : comment faciliter l'accès à la culture ? En diminuant le prix des places, certes, mais surtout en démocratisant l'accès à la culture de manière générale. Et là, il n'y avait pas consensus sur la manière d'aborder le sujet. Devant l'Hôtel des Impôts, les marcheurs ont réclamé la suppression de la taxe d'habitation, autour de 2.400 FF, soit un mois de revenus pour beaucoup de sans emploi, précaires et temps partiel. Impôt injuste, dont seuls les RMistes sont exemptés. Pendant la semaine d'action, Mathilde, seule avec un adolescent, travaillant à temps partiel se fait couper l'électricité. Elle apprend de la compagnie qu'ils sont six personnes à avoir subi la coupure ce jour-là. Les marcheurs décident d'envoyer une délégation négocier le rétablissement de l'électricité illico. C'est le règne de la mauvaise fois, le directeur prétend que les coupures sont toujours annoncées aux personnes, ce qui est complètement faux, Mathilde et d'autres peuvent en témoigner. Finalement, seulement trois personnes, dont Mathilde obtiendront le rétablissement du courant. En clôture de la semaine d'actions, une manifestation réunit une centaine de personnes au centre ville, pour se terminer devant les bureaux du patronat de l'Isère - en passant à côté des locaux du FN où les marcheurs scandent "c'est pas les immigrés qu'il faut virer, c'est le chômage et la précarité".
Corine Barella,
Coordinatrice liégeoise de la Marche Européenne contre le
chômage, la précarité et l'exclusion
(1) " Motivés ! ", chants de lutte, CD édité par
la Ligue Communiste Révolutionnaire et Tactikollectif, en vente
110 FF à la LCR 2, r Richard-Lenoir 93.100 Montreuil.
(2) extrait de la Lettre nâ4 de la Marche des Alpes-le Retour
(3) rapport de l'observatoire isérois du logement 96/97
Contact:
"Marches europeennes contre le chomage, la precarite et les
exclusions"
104, rue des Couronnes
F-75020 Paris France
Tel : +33 1 44 62 63 44
Fax : +33 1 44 62 63 45
E-mail : marches97@ras.eu.org
URL: http://www.mygale.org/02/ras/marches/
Contact: "AC!", France, Voice/Fax: +33-1-43495037, e-mail:
aguiton@sud.unions.eu.org.
Last Modified: Wednesday, November 20, 1997