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European Marches against Unemployment - News and Archives
Absender : aguiton@sud.unions.eu.org (Christophe) Org.-Empf. : marches97-info.fr@ras.eu.org Weiterleiter marches97-info.fr-request@ras.eu.org Antwort an : marches97@ras.eu.org Betreff : Contribution pour la rencontre jeune Datum : Mi 15.01.97, 18:42 (erhalten: 16.12.97)
CONTRIBUTION A LA RENCONTRE SUR LA QUESTION DES JEUNES A PARIS, 20 ET 21 DECEMBRE.
L'invitation à la rencontre "DES JEUNES POUR UNE AUTRE EUROPE" soulève le manque de protagonisme de la part de la jeunesse européenne dans les luttes pour s'opposer à une Europe néo-libériste (il ne s'agit pas d'un italianisme mais il semble plus opportun d'utiliser ce vocable plutot que néo-libéral) et indique les objectifs pour une "autre Europe" afin justement de créer un réseau de luttes concrètes ayant des objectifs communs.
Avant tout, si les jeunes en effet ne se distinguent pas par leur soif de luttes, il faut hélas constater que les générations plus anciennes ne débordent pas d'activités pour construire une Europe sociale. Bien entendu l'expérience des Marches d'Amsterdam et la récente création du Réseau Européen des Marches constituent, avec certaines luttes sociales telles que celle de Renault Vilvorde, des premiers pas vers l'européanisation des conflits.
Il est important dès à présent de se proposer une démarche, une méthodologie commune, et non une ligne ou une appartenance politique, à savoir : les luttes doivent s'articuler à la fois autour de revendications à caractère global et local; le "global" (la dimension européenne apparait pour nous un cadre économique, social et culturel relativement cohérent dans et sur lequel agir sans toutefois représenter une limite et un univers clos, bien au contraire!) afin justement de s'opposer au projet néo-libériste tendant toujours plus à une éthnisation de nos sociétés et à leur opacité vis à vis des différences, à une atomisation des acteurs sociaux rendant toujours plus difficile leur auto-organisation, à imposer ses concepts de productivité, de rentabilité et de flexibilité non seulement dans le domaine du travail mais bien sur l'ensemble de nos temps de vie, en affirmant des droits universels et en tissant des réseaux de solidarité et de luttes; le ³local², afin de puiser dans les spécificités et les contradictions locales les ressources pour établir des contre-pouvoirs dans le but de conquérir espaces de liberté, nouveaux droits et services.
Ceci ne concerne pas spécifiquement la question des jeunes mais n'est en rien contradictoire.
Justement quelles sont les spécificités autour de la question des jeunes ?
Ainsi, il serait bon de définir ce qu'est un "jeune". Il y a dix ans, l'INSEE, (l'Institut National de Statistiques et d'Etudes Economiques français) considérait l'age limite à 25 ans; à présent toutes les nouvelles études consacrées aux thèmes de la jeunesse étendent l'age des interlocuteurs et sondés à 29 ans. Il faut y voir le prolongement de certains comportements et réalités qui caractérisent l'appartenance à cette catégorie statistique et sociale. Ainsi, l'une des données les plus significatives est la domiciliation sous le toit des parents qui ne cesse de se prolonger. Ceci ne s'avère pas un choix mais bien une obligation due d'une part au prolongement de la période d'études mais surtout au cout exorbitant des loyers dans les grandes agglomérations et au faible revenu possédé par une majorité des jeunes (chomage, précarité, petits jobs très peu rénumérateurs,...). Le problème du logement n'est pas une spécificité française, au moins on le retrouve dans la péninsule italienne où par exemple les étudiants - beaucoup plus mobiles qu'en France, il est fréquent d'aller étudier dans une ville différente de celle où l1on réside - se retrouvent confronter au problème de trouver une location et deviennent ainsi une cible privilégiée des petits et grands propriétaires immobiliers. Face à ce problème il est donc possible de se battre sur le plan européen pour que soit reconnu le droit au logement social pour les jeunes dont les revenus ne leur permettent pas d'accéder à une habitation au prix du marché. Mais vu le manque de logements sociaux et en attendant la construction de nouveaux, ce qui n'est d'ailleurs pas à l'ordre du jour et qui représente aussi une bataille à mener, il serait possible sur le plan local d'imposer par la lutte que les administrations communales passent des accords avec les propriétaires privés pour la fixation d'un seuil suivant les revenus à disposition. Toutefois face à la spéculation immobilière qui préfère laisser des appartements vides afin de soutenir les prix sur le marché et pour mettre à l'attention de tous le problème du logement, les mouvements d'occupation de logements doivent se développer et assumer une dimension publique forte. Il s'agit bien évidemment d'une pratique légitime mais tout autant légale puisque le droit au logement fait partie, sur le papier, de toutes les constitutions démocratiques. Le problème du logement se doit d'etre intégré dans une plus large question qui n'est autre que celle du revenu. Le revenu de citoyenneté ne concerne pas uniquement les jeunes mais ils ne doivent pas en etre exclus comme par exemple ils le sont en France du Revenu Minimum d'Insertion, revenu dont le montant est en aucun cas satisfaisant mais qui se doit d'etre étendu à tous et bien entendu fortement augmenté. Dans la question du revenu il est donc possible d'intégrer des sources non monétaires comme le logement mais aussi comme le transport. Ainsi, la gratuité des transports publics est un axe de revendication que les jeunes pourraient mettre en avant en compagnie des chomeurs et des précaires, comme le revendique et le pratique AC!. A cela peuvent s'ajouter les questions de la gratuité des soins, de l'accès aux loisirs et à la culture...
La liste est sans fin et pourra etre abordée collegialement mais sans oublier les moyens et les formes de luttes à mettre en place car la seule écriture de droits à conquérir n'aurait aucun sens; il s'agirait uniquement de déclaration de principes, pratiques dont nos divers politiciens européens sont spécialistes et qui ne nous appartiennent pas.
Une autre spécificité de la vie d'un jeune est sa présence dans les institutions scolaires. A ce sujet, l'Italie connait actuellement un fort mouvement de protestation dans les lycées (occupations, autogestion des heures de cours, manifestations,...) contre la réforme du baccalauréat et le financement des écoles privées par l'Etat. Au niveau des universités, le mouvement commence à prendre de l'ampleur contre le projet de réforme universitaire et certaines universités italiennes sont d'ores et déjà occupées. Une réflexion sur la nature et les compétences de l'université, son rapport avec le monde du travail et sa place dans la production de richesses immatérielles, la place et le role des élèves-étudiants mais aussi des professeurs dans les institutions scolaires et notamment leur pouvoir de décision en matière pédagogique pourraient etre des axes à approfondir, non pas lors de ces deux jours mais dans la construction d'une commission spécifique. Une fois de plus, les dimensions locales et globales devront etre affrontées communément ce qui pourrait permettre de donner un sens positif aux actuelles volontés étatiques ou fédérales d1une majeure autonomie des établissements scolaires. L1autonomie pour eux sert à la mise en compétition des établissements et à leur hiérarchisation. Pour nous elle peut signifier un espace d1auto-organisation sociale afin que l1enseignement soit réellement un service public et non étatique et qu1il réponde de fait aux attentes et besoins de ceux qui le fréquentent.
Un autre sujet à aborder est le problème concernant les espaces et lieux de socialité. Si l'on regarde la situation européenne on note que dans la plupart des pays, la France est une exception, il existe des espaces autogérés et occupés (Squatts, Centri Sociali Occupati,...) afin de réaliser activités culturelles, sociales et politiques. Outre de pouvoir mener à bien ces diverses activités en dehors des logiques du marché, il s'agit d'agir directement contre la spéculation immobilière représentée par les friches industrielles fordistes et affirmer le droit à la riappropriation des espaces publics et à leur gestion collective.
Il serait aussi très important que la question relative à l'utilisation et à la consommation des drogues soit abordée. Il est pour nous clair que les temps du prohibitionnisme doivent cesser car ils n'ont produit que désastres et drames humains et sociaux et se sont révéles plus qu'inefficaces dans la lutte aux narco-trafficants. Une grande partie des incarcérés en Europe vivent leur condition de détention pour des peines relatives à la législation sur les stupéfiants ou pour des délits connexes. Nombreux toxicomanes à cause des lois répressives, comme le disait si bien Act Up lors de l'appel à la manifestation pour le 1° décembre à Paris, n'ont pas accès à l'information et à la prévention contre le SIDA et aux traitements. Ainsi face à cette situation catastrophique il semble que l'unique solution soit la légalisation des drogues, les modalités de distribution devant en assurer la qualité des substances, l'information sur leurs effets et leurs usages et sur les éventuels traitements. Il serait ainsi possible d1envisager une forte campagne au niveau européen pour dénoncer les Conventions Internationales, uniquement répressives, pour sensibiliser l1opinion européenne sur le résultat catastrophique des politiques prohibitionnistes et donner une réelle information sur les produits et leurs effets. Au niveau local, il serait possible, c1est déjà le cas dans certaines villes européennes, de contraindre les municipalités à financer des associations, à but non-lucratif mais dont le personnel (médecins, éducateurs, toxicomanes,...) serait rétribué, opérant sur le front de la réduction des risques.
Le thème de l1environnement est central dans la lutte aux politiques néo-libéristes mais il n1appartient pas plus aux jeunes qu1au reste de la population. Le sommet de Kyoto a démontré, s1il était encore nécessaire de le faire, que la logique productive et du profit l1emporte toujours sur les questions écologiques. Il s1avère nécessaire que la participation aux mouvements de luttes concrètes se massifie et ait une envergure européenne. Ainsi les forts mouvements de contestation en Allemagne notamment lors du transport des déchets nucléaires se doivent d1etre relayés dans les autres pays, et notamment en France qui a le tragique record mondial du nombre de centrales nucléaires par habitant. Le développement des biotechnologies en matière agricole a pour premier effet de rendre les agriculteurs, et notamment les paysans des pays du Sud, toujours plus dépendants des multinationales. Ainsi les campagnes d1information, de sensibilisation de l1opinion peuvent etre accompagnées de campagnes de boycottage (qui ont certes un impact limité quant aux effets directs sur les prises de décisions, voire les essais nucléaires de Chirac, mais qui sur le plan de l1image et économique d1un pays ou d1une entreprise ne sont pas sans conséquences) et de harcèlement (occupations des locaux - ambassades, siège social - envoi de fax, mail- ...).
La forme d1organisation que devrait prendre le ³Réseau des Jeunes pour une Autre Europe² doit etre la plus souple possible. Ainsi, on pourrait imaginer la création d1un secrétariat composé de toutes les nationalités présentes dans le réseau chargé de faire circuler l1information. Il serait possible de créer des commissions thématiques qui auraient pour but de développer un discours collectif et de lancer des campagnes de communication et de luttes sur le plan européen. Les moyens de communication actuels, notamment Internet, permettent de pouvoir avoir des échanges à distance. Il semble que la recherche du consensus soit le moyen le plus adéquat pour la prise de décision des campagnes et discours à porter en avant, ce qui n1exclut pas que des groupes, associations ou autres collectifs puissent décider d1en organiser en leur nom.
Il apparait toutefois très important que les modalités de fonctionnement et de prise de décision ne soient pas au centre des débats de nos rencontres car cela rendrait stérile notre débat politique et encore plus nos capacités d1action.
Et pourquoi pas une initiative durant l1été 98 ? Comme pour le reste de cette contribution, il s1agit bien évidemment d1une simple proposition: 4 jours de débats publiques et d1actions qui qualifieraient le réseau aux yeux de l1opinion européenne et des dirigeants politiques et économiques.
2 jours dans le Sud de la France (Marseille ou Toulon). Une journée de débat sur le problème de l1immigration en Europe afin d1affirmer le droit à la libre circulation et l1égalité des droits pour tous, avec la participation de membres de la coordination nationale des sans papiers (France), du mouvement de lutte des déboutés du droit d1asile incarcérés a Rochester (Grande Bretagne), de la campagne Kein Mensch ist illegal (Allemagne), ...Le lieu reste à trouver pour les débats et l1hébergement!
2 jours dans le Nord de l1Italie (Genes ou Imperia) La proximité des deux régions nous permettrait d1économiser nos forces... Pas de problème pour les débats et l1hébergement, les Centri Sociali Occupati de la région pourraient nous accueillir. 3° journée : réunion des différentes commissions. Dernière journée : Bilan de l1initiative et perspectives + grande fete musicale.
Alléchant, non ?
En conclusion, ces deux jours doivent etre le premier moment de confrontation et de débats entre les différents participants porteurs d'expériences, de cultures et d'identités politiques pouvant etre fortement différentes. Il s'agira donc de chercher avant tout les points communs sans toutefois aboutir à une platte-forme insipide qui n'aurait aucune conséquence sur la transformation réelle des conditions matérielles actuelles, objectif qui devrait nous appartenir à tous.
Ludo Un militant du "Melting dei Centri Sociali del Nord-Est" (Italie)
Contact:
"Marches europeennes contre le chomage, la precarite et les
exclusions"
104, rue des Couronnes
F-75020 Paris France
Tel : +33 1 44 62 63 44
Fax : +33 1 44 62 63 45
E-mail : marches97@ras.eu.org
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Contact: "AC!", France, Voice/Fax: +33-1-43495037, e-mail:
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Last Modified: January 5, 1998