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European Marches against Unemployment - News and Archives


Absender   : aguiton@sud.unions.eu.org  (Christophe)
Org.-Empf. : marches97-info.fr@ras.eu.org
Weiterleiter marches97-info.fr-request@ras.eu.org
Antwort an : marches97@ras.eu.org
Betreff    : Solidarite avec les chomeurs francais et allemands
Datum      : Mi 07.01.98, 20:30  (erhalten: 11.02.98)
Groesse    : 9439 Bytes
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marches97-info.fr
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Chers amis et camarades,
Les luttes de chomeurs en France nous ont empeche de tenir a jour les 
informations sur la liste "marches europeennes".
Nous la reprenons, avec, pour aujourd'hui, deux documents : le texte 
de soutien de Pierre Bourdieu, un intellectuel francais, et un texte 
de mouvements de chomeurs de Naples en Italie.
Amicalement,
Pour le secretariat, Christophe Aguiton
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Le 17 janvier 98, les sociologues Pierre Bourdieu, Frédéric
Lebaron et Gérard Maugé publiaient dans Le Monde  le texte
suivant, qu'ils lancent maintenant en pétition.
La cause des chômeurs
Celles et ceux qu'on a pris l'habitude de désigner comme
"les exclus" - exclus provisoires, temporaires, durables ou
définitifs du marché du travail - sont presque toujours aussi
des exclus de la parole et de l'action collective. Que se
passe-t-il lorsqu'au bout de plusieurs années d'efforts isolés
et apparemment désespérés de quelques militants, nécessairement
minoritaires, une action collective parvient enfin à briser le
mur d'indifférence médiatique et politique ?
D'abord, le risible affolement et la hargne à peine dissimulée
de certains professionnels de la parole, journalistes,
syndicalistes et hommes ou femmes politiques, qui n'ont vu
dans ces manifestations de chômeurs qu'une remise en cause
intolérable de leurs intérêts boutiquiers, de leur monopole
de la parole autorisée sur l'"exclusion" et "le drame national
du chômage". Confrontés à cette mobilisation inespérée, ces
manipulateurs professionnels, ces permanents de plateau de
télévision n'ont su y voir qu'une "manipulation de la détresse",
"une opération à visée médiatique", l'illégitimité d'une
"minorité" ou "l'illégalité" d'actions pacifiques.
Ensuite, l'extension du mouvement et l'irruption sur la
scène médiatico-politique d'une minorité de chômeurs mobilisés :
le premier acquis du mouvement des chômeurs c'est le mouvement
lui-même (qui contribue à détourner du Front National un
électorat populaire désorienté). Le mouvement des chômeurs,
c'est-à-dire à la fois l'ébauche d'une organisation collective
et les conversions en chaîne dont elle est le produit et qu'elle
contribue à produire : de l'isolement, de la dépression, de la honte,
du ressentiment individuel, de la vindicte à l'égard de
boucs-émissaires, à la mobilisation collective ; de la résignation,
de la passivité, du repli sur soi, du silence, à la prise de parole ;
de la déprime à la révolte, du chômeur isolé au collectif de chômeurs,
de la misère à la colère.  C'est ainsi que le slogan des manifestants
finit par se vérifier : "Qui sème la misère récolte la colère".
Mais aussi, le rappel de quelques vérités essentielles des
sociétés néo-libérales, qu'avait fait surgir le mouvement de
novembre-décembre 1995 et que les puissants apôtres de
"la pensée Tietmeyer" s'évertuent à dissimuler. A commencer
par la relation indiscutable entre taux de chômage et taux de profit.
 Les deux phénomènes - la consommation effrénée des uns et la
misère des autres - ne sont pas seulement concomitants
- pendant que les uns s'enrichissent en dormant, les autres
se paupérisent chaque jour un peu plus - ils sont interdépendants :
quand la bourse pavoise, les chômeurs trinquent, l'enrichissement
des uns a partie liée avec la paupérisation des autres.
Le chômage de masse reste en effet l'arme la plus efficace
dont puisse disposer le patronat pour imposer la stagnation
ou la baisse des salaires,  l'intensification du travail,
la dégradation des conditions de travail, la précarisation,
la flexibilité, la mise en place des nouvelles formes de
domination dans le travail et le démantèlement du code du travail.
Quand les firmes débauchent, par un de ces plans sociaux
annoncés à grand fracas par les médias, leurs actions flambent.
Quand on annonce un recul du chômage aux États-Unis, les cours
baissent à Wall Street. En France, 1997 a été l'année de tous
les records pour la Bourse de Paris. Mais surtout, le mouvement
des chômeurs remet en cause les divisions méthodiquement
entretenues entre "bons" et "mauvais" pauvres, entre "exclus"
et chômeurs, entre chômeurs et salariés.
Même si la relation entre chômage et délinquance n'est pas
mécanique, nul ne peut ignorer aujourd'hui que
"les violences urbaines" trouvent leur origine dans le chômage,
la précarité sociale généralisée et la pauvreté de masse.
Les condamnés "pour l'exemple" de Strasbourg, les menaces
de réouverture des maisons de correction ou de suppression
des allocations familiales aux parents "démissionnaires" des
fauteurs de troubles sont la face cachée de la politique de
l'emploi néo-libérale. A quand, avec Tony Blair, l'obligation
faite aux jeunes chômeurs d'accepter n'importe quel petit
boulot et la substitution à l'"Etat-providence" de
l'"Etat sécuritaire" à la mode américaine ?
Parce qu'il oblige à voir qu'un chômeur est virtuellement
un chômeur de longue durée et un chômeur de longue durée,
un exclu en sursis, que l'exclusion de l'UNEDIC, c'est aussi
la condamnation à l'assistance, à l'aide sociale, au caritatif,
le mouvement des chômeurs remet en cause la division entre
"exclus" et "chômeurs" : renvoyer les chômeurs au bureau
d'aide sociale, c'est leur retirer leur statut de chômeur,
et les faire basculer dans l'exclusion.
Mais il oblige à découvrir aussi et surtout qu'un salarié
est un chômeur virtuel, que la précarisation généralisée
(en particulier des jeunes), l'"insécurité sociale" organisée
de tous ceux qui vivent sous la menace d'un plan social, font
de chaque salarié un chômeur en puissance. L'évacuation
manu militari n'évacuera pas "le problème". Parce que la cause
des chômeurs est aussi celle des exclus, des précaires et des
salariés qui travaillent sous la menace. Parce qu'il y a
peut-être un moment où l'armée de réserve de chômeurs et de
travailleurs précaires qui condamne à la soumission ceux qui
ont la chance provisoire d'en être exclus, se retourne contre
ceux qui ont fondé leur politique (ô socialisme !) sur la
confiance cynique dans la passivité des plus dominés.
Ce texte a reçu l'approbation du groupe "Raisons d'agir"
Pour exprimer votre solidarité :
- Photocopiez, signez et faites signer le texte et envoyez-le,
en indiquant vos prénoms, noms, profession :
par courrier postal à Frédéric Lebaron 2, rue de Malte 75011 Paris
par fax à Frédéric Lebaron 01.44.27.18.43
par courrier électronique à damiensa@easynet.fr
- Envoyez vos dons sur le compte suivant :
CCM Paris 20 - Saint-Fargeau -
Code banque : 45499 - Code guichet : 06050 -
Numéro de compte : 00081205741 (clé : 16)
- Venez soutenir sur place les chômeurs en lutte
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Care compagne e cari compagni,
le 26/01 les travailleurs précaires et les chômeurs avec les étudiants, ont
occupé une partie de l'Université de Naples, pour souligner aussi que le
procès de précarité va s'affirmer dès l'Université.
Le 27/01 (avant-hier) une grande assemblée a eu lieu à l'intérieur de
l'Université occupé et plusieures centaines de chômeurs, de travailleurs et
d'étudiants y ont participé.
Au cours de cette assemblée on a exprimé bien souvent la plus large
solidarité à la lutte des chômeurs et des travailleurs précaires français
et allemands.
On a, donc, présenté une motion de solidarité qui a été reçue à
l'unanimité; nous la joignons à ce message.
Au cours de l'assembleé, une de plus grande et significative de ces
demières années, on a souligne, en outre, la nécessité de construire des
échéances communes et contemporaines avec les autres mouvements qui, à
niveau européen, vont se mobiliser dans ces jours-ci. Aujourd'hui et demain
on discutera de convoquer une grande manifestation pour le 5 
février, dans
le même jour dans lequel il y aura de manifestations des cômeurs et des
travailleurs précaires en Allemagne.
Tâchons, donc, de rester en contact, tâchons de créer des jours de lutte
dans le même temps et serons tous plus forts!
C'est possible et nécessaire.
Voila la motion reçue par l'assemblée:
L'ASSEMBLÉE CONTRE LA PRÉCARITÉ ET LE CHOMAGE qui a eu lieu à Naples
(italie) le 27/01/1998 dans l'Université et qui a vu la participation de
centaines de cômeurs, de travailleurs précaires et d'étudians en lutte
EXPRIME la plus large solidarité à la lutte que les chômeurs et les
travailleurs précaires français et allemands vont poursuivre dans ces 
jours-ci
ET
SOUHAITE que avec eux puisse se réaliser un parcours de lutte commune
LUTTONS UNIS CONTRE LE PRÉCARIETÉ ET LE CHOMAGE
Contact : comriv@tin.it

Contact:
"Marches europeennes contre le chomage, la precarite et les exclusions"

104, rue des Couronnes
F-75020 Paris France
Tel : +33 1 44 62 63 44
Fax : +33 1 44 62 63 45
E-mail : marches97@ras.eu.org
URL: http://www.mygale.org/02/ras/marches/


Contact: "AC!", France, Voice/Fax: +33-1-43495037, e-mail: aguiton@sud.unions.eu.org.


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Last Modified: April 15, 1998