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Betreff    : Journée d'action du 5 février en Allemagne
Datum      : Fr 06.02.98, 10:20  (erhalten: 11.02.98)
Groesse    : 6198 Bytes
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marches97-forum
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Le début d'un mouvement de chômeurs en Allemagne

50.000 personnes, pour la plupart chômeurs, ont protesté le 5 février dans
200 villes allemandes à l'annonce des nouvelles chiffres officielles du
chômage. Celles-ci reportent plus de 4,8 millions de chômeurs, égale 12,6%
 pour l'ensemble du pays. A l'est le chômage monte rapidement; là il atteint
 plus de 20%, alors que à l'ouest les chiffres stagnent en dépit d'une
 conjoncture économique  positive" (2% de croissance prévue pour cette année.
 En pourcentage le chômage est arrivé quasiment au double des chiffres de
 l'après-guerre; mais même en chiffres absolus tous les records depuis 1947 ont
 été battus. Les chiffres réels du chômage sont estimés à environ 7 millions.

Cette action, à laquelle avait appellé le Bureau de Coordination des 
Initiatives syndicales des Chômeurs - qui avait soutenu également les 
marches européennes contre le chômage -  était la première manifestation 
nationale des chômeurs depuis le début des années 80. Elle marque un pas 
important dans la prise des conscience des chômeurs de leur capacité 
d'exprimer par leur propre force leurs revendications et de faire pression 
sur la politique officielle - tant sur les gouvernements et les partis 
politiques que sur les syndicats d'ailleurs.
Les actions ont été pour la plupart  conventionelles" - ce n'est que dans 
une demi-douzaine de villes que l'équivalent des ASSEDICs français a été 
occupé. Dans la majorité des villes la journée d'action s'est déroulée avec 
des manifestations et meetings devant les ASSEDICs, parfois aussi devant 
les bureaux du CDU (démocratie chrétienne, au gouvernement à Bonn), 
soutenus par des association de chômeurs locales et des syndicats. Le 
Bureau de Coordination n'étant pas une organisation mais simplement un 
bureau (en Allemagne il n'existe pas d'organisation nationale des chômeurs),
 la réalisation de la journée d'action dépendait uniquement des forces sur 
place - qui à l'occasion, sont très variées. Les actions plus massives se 
sont déroulées pour la plupart à l'est: 5000 à Berlin, 5000 à Erfurt 
(capitale de Thüringen), 1000 personnes à Gera et à Gotha, deux autres 
villes de Thüringen, 1000 à Chemnitz, une ville de Sachsen; mais aussi 1000 
à Stade (une ville sur la côte de la mer du Nord), 3000 à Hamburg.
En dépit de ces difficultés, qui soulèvent le problème de la création d'un 
mouvement national des chômeurs politique, l'action du 5 février a non 
seulement attiré une grande attention dans toute la presse, elle a aussi 
d'ores et déjà eu un impact politique. En effet la coalition gouvernementale 
à Bonn, déjà dans les jours qui précédaient la journée d'action, avait 
dû réagir et avait annoncé une  initiative contre le chômage" qui s'inscrit 
dans la logique des accords de Luxembourg du novembre 1997: payer moins en 
allocation chômage et en aide sociale et contraindre plus de chômeurs à 
accepter du boulot à n'importe quel prix. Ainsi les municipalités ont été  
chargées" de mettre au travail 200.000 chômeurs dans les deux prochaines 
années; le gouvernement veut  libéraliser" le système de l'offre du travail 
(organisé actuellement par les ASSEDICs et par le marché des annonces dans 
la presse) de façon à permettre à des agences privées d'exercer elles-aussi 
cette fonction; aux jeunes, qui ont terminé l'école et qui ne trouvent 
pas de travail, doit être offert une mesure temporaire d'insertion dans  
la vie du travail" - mais il n'est pas encore clair, qui payera; il est 
prévu que l'aide au chômage soit aboli au seul profit de l'aide sociale 
(qui garantissait jusqu'à présent un seuil minimum, mais ce seuil n'est 
plus garanti).
Autour ce programme se sont aiguisées les tensions aussi bien entre la 
démocratie chrétienne et son partenaire dans la coalition, le parti libéral,
que dans le CDU même. Son aile  sociale" sous la direction de Heiner 
Geißler, un représentant de l'aile  moderniste" des années 80, avait en 
effet opté pour un programme de création de nouveau postes de travail qui 
aurait coûté au gouvernement entre 4 et 5 milliards de deutschmark. 
Le programme avait été soutenu timidement par le ministre du travail, 
Norbert Blüm, qui a, à cause de cela, dû encaisser la violente critique 
du leader de la fraction parlementaire du CDU, Wolfgang Schäuble. 
Visiblement le gouvernement allemand veut un programme contre le chômage 
qui ne lui coûte rien.
Cette  initiative" a rencontré les vives protestations de la part de la 
socialdémocratie et des syndicats. Si les actions continuent pendant 
l'année il devient plus vraisemblable que le chômage devient l'objet de 
contestation électorale principal.
De l'autre côté aussi bien de directeurs des ASSEDICs ont montré peur 
devant les actions des chômeurs; quelques-uns avaient ouvert leurs portes, 
mais eux aussi ont dû répondre au fait que les pressions et les chicanes 
exercées sur les chômeurs se font de plus en plus dures.
Partout le sentiment général est: Nous étions trop peu dans la rue le 5 
février. Il ya bien plus de chômeurs qu'il faut mobiliser, la première 
action a fait courage, et à la prochaine journée d'action, le 5 mars, ont 
sera plus nombreux. Le Bureau de Coordination a envisagé de répéter les 
actions jusqu'aux élections, chaque mois au jour ou sont annoncés les 
nouveaux chiffres de chômage. Il faudra utiliser ce temps pour surmonter 
l'actuel morcellement du mouvement et créer un nouveau réseau d'initiatives 
contre le chômage qui se pose comme but l'action politique et se donne 
les structures nécessaires.
Angela Klein

Contact:
"Marches europeennes contre le chomage, la precarite et les exclusions"

104, rue des Couronnes
F-75020 Paris France
Tel : +33 1 44 62 63 44
Fax : +33 1 44 62 63 45
E-mail : marches97@ras.eu.org
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Contact: "AC!", France, Voice/Fax: +33-1-43495037, e-mail: aguiton@sud.unions.eu.org.


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Last Modified: April 15, 1998