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European Marches against Unemployment - News and Archives


Absender   : aguiton@sud.unions.eu.org  (Christophe)
Org.-Empf. : marches97-info.fr@ras.eu.org
Weiterleiter marches97-info.fr-request@ras.eu.org
Antwort an : marches97@ras.eu.org
Betreff    : Euronews 3 / Grande Bretagne
Datum      : Mi 04.03.98, 08:11  (erhalten: 04.03.98)
Groesse    : 5037 Bytes
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marches97-info.fr
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Faut-il en rire ou en pleurer ? Une nouvelle stupéfiante nous vient de 
Grande-Bretagne : on a retrouvé  500 000 chômeurs ! Enfin presque, car 
ils ne seront officiellement comptabilisés qu'à partir de la publication 
des chiffres du chômage du mois d'avril.
Toujours est-il que le gouvernement travailliste vient de décider une 
réforme du comptage du nombre des chômeurs qui va avoir pour effet de 
réintégrer un demi-million des demandeurs d'emplois que les statistiques 
officielles avaient radiés.
Il faut dire que depuis 1979, les conservateurs au pouvoir ont fait 
très fort dans ce domaine des manipulations statistiques. Le mode de 
calcul du chômage a été modifié trente deux fois. Principe de base en 
vigueur encore aujourd'hui : seuls les bénéficiaires d'une allocation 
chômage étaient comptablisés. Selon ce critère, en France, le chômage 
serait de 6%. La méthode est simple mais efficace sur les statistiques. 
Les jeunes n'ayant jamais travaillé, les femmes, les personnes de plus 
de 55 ans ont été systématiquement écartés des comptes.
Ces tricheries ont permis pendant des années de claironner que le 
Royaume-Uni avait un faible taux de chômage. Avec le nouveau mode de 
calcul, la Grande-Bretagne va passer de 1,4 millions de chômeurs à 
1,9 millions, soit de 5% à environ 7%.
Encore un effort
Le gouvernement britannique ne révise pas ses statistiques de gaîté de 
c|ur. En fait, depuis que les pays européens, sous la pression sociale, 
ont commencé à parler de l'emploi, la pression s'est faite plus forte 
sur le gouvernement travailliste pour qu'il adopte des méthodes de 
comptage comparables à celles des autres pays de l'Union. Des pays comme 
la France et l'Allemagne étaient soucieux de ne pas apparaître comme les 
mauvais élèves de la classe sous prétexte que leurs comptes sont plus 
proches des normes internationales.
D'autant que les nouveaux chiffres sont encore loin de la réalité. Ils 
permettent toujours de prétendre que le Royaume-Uni a un taux de chômage 
largement inférieur à celui du continent.
Mais la vérité, là aussi, est ailleurs. Elle est à rechercher dans la 
précarité du travail, notion que les Britanniques traduisent par ³job 
insecurity² ou ³insécurité du travail² et le développement des 
³working poors², littéralement ³les travailleurs pauvres². Les petits 
boulots sans salaire minimum, souvent à temps partiel et en intérim, 
sans contrat de travail, aboutissent à une situation où les travailleurs 
comme les chômeurs vivent avec des revenus largement inférieurs au seuil 
de pauvreté.
En fait, la précarité généralisée du travail est devenue une autre 
forme du chômage. Le modèle britannique fait d'ailleurs rêver certains 
sur le continent. La ³flexibilité² est ainsi le terme politiquement 
correct employé en France et dans de nombreux pays européens pour 
exprimer la volonté d'imposer un marché du travail où la nécessaire
réduction du temps de travail se traduit par des embauches à temps 
partiel. C'est ainsi que le patronat et la droite veulent imposer 
leur vision de la réduction du temps de travail avec réduction du 
salaire. Il est bien évident qu'un travailleur à mi-temps sort des 
statistiques du chômage mais par contre il reste en dessous du seuil 
de pauvreté en ce qui concerne son revenu en fin de mois. Et on a beau 
faire, avec la moitié d'un Smic, en France, on ne parvient pas à vivre.
La France file à l'anglaise
Les dernières statistiques du chômage en France traduisent d'ailleurs 
une rapide et inquiétante évolution à l'anglaise des chiffres du chômage. 
En parallèle à une infime baisse du nombre d'inscrits à l'ANPE, on 
observe surtout une progression spectaculaire du travail précaire (CDD), 
intérimaire et à temps patiel.
En 1997, les personnes ayant travaillé plus de 78 heures dans le mois, 
mais qui restent demandeurs d'emplois (ils recherchent un travail à temps 
plein), a augmenté de 34,4%. Les emplois à temps partiel représentent 
désormais 16,5% de l'emploi total dans le secteur privé. Sur un an, le 
nombre de contrats de moins d'un mois a augmenté de 27%.
La France est bel et bien en voie de ³thatchérisation² au moment même où 
le modèle britannique est de plus en plus contesté par les Britanniques 
eux-mêmes. C'est en tout cas le sens du vote en faveur de Tony Blair il y 
a quelques mois. Mais que celui-ci réponde aux espoirs, c'est, comme on 
dit, une autre histoire...

Contact:
"Marches europeennes contre le chomage, la precarite et les exclusions"

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Tel : +33 1 44 62 63 44
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Last Modified: April 15, 1998