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    European Marches against Unemployment - News and Archives


    Absender : aguiton@sud.unions.eu.org (Christophe)
    Org.-Empf. : marches97-info.fr@ras.eu.org
    Weiterleiter marches97-info.fr-request@ras.eu.org
    Antwort an : marches97@ras.eu.org
    Betreff : Ca bouge en Italie
    Datum : Mo 27.04.98, 07:50 (erhalten: 28.04.98)

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    Les choses sont en train d'évoluer en Italie.

    Vous avez recu il y a quelques jours des articles annoncant la creation d'une associations pour le droit au revenu en Italie et en Europe, voilà aujourd'hui une présentation des dernières actions ainsi que deux articles parus dans "Liberazione", le journal du Parti de la refondation communiste.

     


    Aprés les véritables emeutes des derniers mois à Palerme et surtout à Naples, où la mobiliation des sans emploi est importante depuis des années, les "travailleurs d'utilité sociale" ont manifesté vendredi 24 avril dans les rues de Rome à l'initiative des syndicats de base non confédérés. Il s'agit des travailleurs embauchés en CDD à temps partiel par les administrations locales, qui perçoivent un salaire d'à peu prés 2800 francs français: a l'echelon nationale on en denombre de 150 à 200 mille et un décret du gouvernement de Romano Prodi menace cette forme d'emploi atypique de disparition, tandis que la manif de Rome reclamait

    leur régolarisation. Une rencontre est fixée pour le 5 mai au Ministére du travail, ce sera le début d'une véritable négociation sur l'avenir des travaux d'utilité sociale.

    A coté de chomeurs et d'autres precaires de la fonction publique - notamment de l'Education nationale - ils sont venus à 15 mille dans la capitale, une participation qui a surpris par son ampleur les organisateurs eux-memes. En meme temps, 20 mille chomeurs et precaires ont manifesté à Cosenza (Calabrie), ville où le taux de chomage depasse 30 pour cent et atteint 60 pour cent parmi les jeunes et les femmes - comme, d'ailleurs, dans toutes les regions du Mezzogiorno. Et à Rome la mobilisation contre le chomage ne fait que commencer: par reference explicite au mouvement français des mois de décembre et janvier derniers, une semaine d'urgence sociale va se derouler à l'iniative des organisations romaines qui adhérent au reseau des Marches européennes.

     

     

    ARTICLES DE LIBERAZIONE DU 25 AVRIL

    "Colére d'utilité sociale, 15 mille à la manifestation de Rome - La flexibilité du secteur public debarque dans la capitale. Naples et Palerme en tete du cortége"

    par IVAN BONFANTI, Rome.

    Nino est agé de 38 ans. Il a sa fille de 8 ans dans ses bras et trois heures de car derriére lui. <<Depuis Naples on est partis trop tot - explique-t-il - tant qu'on a du attendre pendant deux heures aprés notre arrivée à Rome. Avec ce soleil qui créve>>. Cependant il est content: <<Mamma mia, quelle participation!>>, sourit-il. La petite Via Flavia, où se trouve le Ministére du Travail, est étroite, les "travailleurs d'utilité sociale" venus manifester trop nombreux: quinze mille, peut-etre plus, venus surtout du Sud de l'Italie. Le gens font pression devant l'entrée du Ministére, le cordon de policiers est secoué, ne serait-ce que par les journalistes. Et les touristes écarquillent les yeux.

    Pourquoi manifestes-tu? <<Je suis au chomage et je n'ai pas assez pour vivre. Je ne touche que 800 mille lires (2700 francs) et l'Etat veut se debarraser de nous, de tous les travailleurs d'utilité sociale>>, est la reponse de Nino, à l'inconfondable accent napolitain. Il regarde sa fille: <<Je prétend le droit de pouvoir payer ses études. Car les enfants docteurs ce n'est pas que pour les patrons, mais aussi pour ce qui meurent de faim>>, dit-il.

    D'autres participants sont plus jeunes, d'autres encore plus agés que Nino. Parmi les couleurs, c'est le rouge qui domine. Mais un groupe d'adhérents au "Syndicats bleus" participe aussiy: etes vous de Forza Italia (le mouvement de Silvio Berlusconi)? <<Non, on adhére à l'Italie des valeurs, le mouvement de Antonio Di Pietro>>y; l'ancien magistrat aux tendences autoritaires est aujourd'hui dans la majorité de centre gauche. La délégation qui monte au Ministére obtient un rendez-vous pour le 5 mai avec le vice-ministre Antonio Pizzinato, ancien patron de la Cgil, la conféderation syndicale autrefois socialo-communiste. <<Allons prendre le centre de Rome!>>, grésille le haut parleur. Et le serpent humain quitte le Ministére dans la direction de la Via Cavour et il la decend jusqu'au boulevard des Fori Imperiali. La prefecture de police craintdes incidents, mais l'atmosphére bon enfant est celle des chansons empruntés au tifosi de football et des banderoles colorées.

    Devant la manifestation un petit camion, avec les drapeaux des Cobas (lessyndicats non conféderés) et une dizaine de travailleurs et de chomeurs assis. <<Il precariato non ha nazione, internazionalismo rivoluzione!>>, rytment-t-ils: c'est la nouvelle version d'un vieux slogan, qui parlait de proletariato alors qu'aujourd'hui le precariato, la précarité, est plus à la mode. Suivent les chomeurs de Palerme un drap azul des boursistes de la Communauté européenne, les napolitains du Mouvement de lutte pour l'emploi, des dizaines d'association, les centres sociaux, trois anarchistes de l'Union syndicale italienne-Ait, et enfin quelques Invisibles, les jeunes en tenue blanche protagonistes ces derniers mois d'actions spectaculaires pour denoncer la crise de l'emploi et la precarité. <<En marche contre le chomage>> est ecrit sur la banderole de l'association "In Marcia per il lavoro", qui reunit aussi les travailleurs d'utilité sociale de Naples, Livourne, Caserta et Frosinon. Roberto Musacchio, dirigeant du Parti de la Refondation communiste, participe à la manifestation avec Giovanni Russo Spena, ancien secretaire de Democrazia Proletaire aujourd'hui sénateur du PRC.

    Rino Malinconico, du secretariat national du SinCobas, l'une des organisations syndicales non confédérées, explique: <<La lutte des chomeurs est la lutte de tout le travail subordonné, une lutte pour les droits et la protection sociale, pour la réduction du temps de travail et pour la sécurité dans les lieux de travail. Il est trés important qu'aujourd'hui tous les secteur du syndicalisme non confédérés soient présents>>. La participation est plus massive qu'on n'osait l'ésperer: <<On est plus forts. Chez nous - dit Paolo Iafrate, du collectif In Marcia per il lavoro de Frosinone (100 km au sud de Rome) - il y a des positions différentes, mais nous sommes tous ensemble pour dire au gouvernement que le projet sur les travaux d'utilité sociale n'est pas le bon. Nous voulons savoir qu'en sera-t-il des travailleurs intéressés. Il faut arreter une politique économique qui ne pense qu'aux profits des entreprises>>.

    Le serpent s'arrete prés de la place Vénice. Quelques moments de tensions est du à l'interdiction policiére de marcher jusqu'au Parlement, mais on revient vite au calme. Ensuite le retour à la gare, aux cars, aux voitures pour rentrer chez soi. L'espoir des travailleurs d'utilité publique, des chomeurs, des precaires, des exclus n'est en rien une priére. Est l'espoir de trouver ou retrover un emploi, donc d'imposer ses droits dans une Republique qui se veut justement "fondé sur le travail", comme le dit l'article 1 de la Constitution italienne.

     

     

     

    "Les chomeurs romains passent à l'action"

    Aprés la manifestation, la semaine d'urgence sociale - Offensive des Invisibles et des associations des sans emploi

    Par ALEXIS ROBERT, Rome.

    Les chomeurs auto-organisés romains ne pouvaient pas rater la manifestation des travailleurs d'utilité sociales. Certains des Invisibles, éparpillés dans les différents cortéges, se sont presentés avec la tenue blanche "de service", celle actions et des assauts aux palais du pouvoir et aux théatres. A plusieurs reprises, ces jeunes chomeurs et precaires se sont signalés par des "coups" remarquables: banderoles exposées aux fenetre de la societé de transports urbains au nom de la gratuité des services, irruption dans les théatres et occupation momentanée du bureau central pour l'emploi. Plus encadrés les militans de l'association In Marcia per il lavoro (En Marche pour l'emploi), qui ont défilé avec les travailleurs d'utilité sociale et les militants du syndicat non confedéré SinCobas de Naples et Frosinone. Ils avaient des pectoraux blancsyen plastique: <<35 heures sans perte de salaire>> sur la poitrine, <<Marche pour l'emploi>> sur les épaules.

    <<La lutte des travailleurs d'utilité sociale est la notrey: contre le chomage et la précarité, à partir de la fonction publique>>, expliquent les "tenues blanches". Et les "marcheurs", sur la meme longuer d'onde, relancent: <<Nous revendiquons la régularisation des precaires du secteur publique. Il est possible d'embaucher 50 mille jeunes dans les administration des impots, de la Sécurité sociales et dans l'Inspection du travail, pour les affecter aux controles sur la fraude fiscale et à la lotte contre travail clandestin. Les embauches seraient financés par les controles eux-memes, qui en 1996 on ramené 21 mille milliards de lires (70 milliards de francs) dans les caisses de l'Etat. On est encore loin du compte>>, peut-on lire dans un tract de In Marcia, qui réclame: <<Plus d'Etat, moins de marché>>.

    Liée au SinCobas, l'association est implantée dans une vingtaine de villes grandes et moyennesy: Milan, Livourne, Croton (Calabrie), Rome et des centres de Sardegne, avec plusieurs centaines d'adhérents. Quant aux Invisibles, <<c'est la presse qui nous a appelé ainsi>>, expliquent-ils. Mais force est de constater qu'ils ont quand meme aidé les journalistes avec la banderole exposée au théatre Olympique de Rome le 22 février dernier: <<Nous ne sommes plus invisibles>>, y avaient-ils ecrit. Organisés dans un reseau de quatre collectif, ils fréquentent les centres sociaux de la capitale et notamment le Corto Circuito et La Strada etappartiennent à la coordination italienne née avec les Marches européennes conclues à Amsterdam eny1997. Leur vrai nom est Reseau d'action-Mouvement des tenues blanches.

    Participant à la manifestation du 24 avril, derriére les cortéges de Naples et Palerme où le conflit des chomeurs est apre et parfois dramatique, les associations et les regroupements de chomeurs romains ont lancé leur semaine d'urgence sociale, qui a commencé la veille avec un défilé dans le quartier du Trullo, au sud ouest de la capitale. Pendant sept jours In Marcia, les Invisibles, l'association metropolitaine pour le droit à l'emploi, l'association Ya Basta, le Comité pour le droit à l'emploi et au revenu de Rome- sud est, la Coordination des guichet Info-travail et les anarchistes de l'Union syndicale italienne organiseront, jusqu'au 30 avril, des initatives conjointes. La référence à la semaine d'urgence sociale organisée en France par les chomeurs en decembre-janviers derniers est évidente. Au programme, actions spectaculaires dans le bureaux de l'agence pour l'emploi et dans les siéges gouvernamentales, manifs pour l'acces gratuit des chomeurs aux services publics,irruptions agaçantes parmi les dames en manteau de fourrure et autres. Si le calandrier des shows est top secret, on prevoit quand-meme des nouveaux exploits. Le super-ministére de l'Economie? Le siége de quelques groupes industriels? L'Institut de la securité sociale (INPS)? Encore des théatres? Dans le carnet des objectifs possibles on denombre tout ça et beaucoup d'autres cibles.

    Les militants de In Marcia en profiteront pour une nouvelle... marche. En Italie ce n'est plus une premiére, mais l'inspiration est toujours françaises et européenne: on songe aux premiéres marches de Ac! eny 1994 et surtout au Marches européenne d'il y a un an. Du lundi 27 avril au jeudi 30 In Marcia va toucher aux points sensibles du chomage à Rome. De l'agence pour l'emploi à l'université, où l'action est construite avec des collectifs étudiants et avec les organisations de la gauche syndicale: mille emplois sont à pourvoir dans l'Université La Sapienza, selon les documents de l'administration elle meme qui quand meme se refuse de recruter, ce qui provoque aussi des graves carences et parfois des conflits entre étudiants et personnels; le 29 avril dans la faculté de Psycologie les employés feront la gréve à l'inverse, prolongeant l'horaire d'ouverture des bureaux alors que des étudiants travailleront comme inservient à la place de ceux qu'il fadrait embaucher. In Marcia ira le 30 sur la via Tiburtina, l'une des ancienne voies romaines, quitraverse una vallée autrefois à haute concentration industrielle - on parlait de Tiburtina valley par référence à la Silicon valley aux Etats Unis - aujourd'hui ravagée par les restructurations et les fermetures d'entreprise. Le 28 une manifestation, organisée par In Marcia et par certaines organisations des traminots, revendiquera le retour de la ligne d'autobus n° 13, recemment supprimée. Le premier rendez-vous, lundi prochain, est au bureau pour l'emploi de Cinecittà: In Marcia demandera de pouvoir ouvrir un guichet qui devrait etre confié aux associations des chomeurs, qui assureraient un service d'information. Les militants distribuiront aussi un faux chéquey: <<Salaire social>>, on peut lire sur le papier, c'est la reponse de In Marcia à l'etternelle question du travail et du revenu. Le premier est <<un droit>>, le deuxiéme <<nous est du>>, proclame le tract de In Marcia ainsi que celui du Mouvement des tenues blanches.


    Contact:
    "Marches europeennes contre le chomage, la precarite et les exclusions"

    104, rue des Couronnes
    F-75020 Paris France
    Tel : +33 1 44 62 63 44
    Fax : +33 1 44 62 63 45
    E-mail : marches97@ras.eu.org
    URL: http://www.mygale.org/02/ras/marches/


    Contact: "AC!", France, Voice/Fax: +33-1-43495037, e-mail: aguiton@sud.unions.eu.org.


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    Last Modified: July 1998